Fusées, mon coeur mis à nu... de Charles Baudelaire

Publié le par B.

Fusées, mon coeur mis à nu... de Charles Baudelaire

Editions : Folio Classique

Pages : 480

Format : Poche

Date de sortie : février 2016

Résumé : «Je veux faire sentir sans cesse que je me sens comme étranger au monde et à ses cultes», écrit Baudelaire à sa mère, le 5 juin 1863, dans une lettre où il explique le projet de Mon cœur mis à nu. En effet, le «cœur» qu’il met à nu n’est pas un cœur qui s'épanche en émois ou qui révèle ses secrets. C’est un cœur qui se gonfle de ressentiments. Seules quelques notes ont été conservées de ce livre «rêvé». On y trouve la trace d’une pensée provocatrice et paradoxale, dans une forme concentrée. Ces fragments n'en sont pas moins, comme l’écrivait leur premier éditeur, Eugène Crépet, en 1887, «le résumé de la vie intellectuelle et morale du poète». S’ouvre avec eux une seconde vie de l’œuvre de Baudelaire, plus fantasmée qu’accomplie, traversant ces années au cours desquelles le poète se recrée dans ce qui le détruit.

Mon avis : Un grand merci à Livraddict et les Editions Folio pour l'envoi de ce livre. Je l'avais dit dans un TAG, je suis très sensible à la notion de Spleen et d'Idéal. Lorsque j'ai découvert Les fleurs du mal pendant mes études, force est de dire que j'ai été touchée au coeur. Quand j'ai vu ce livre en proposition de partenariat je n'ai pas hésité une seconde car j'aime relire régulièrement les poème baudelairiens et que je me pose beaucoup de questions sur cet auteur, son inspiration, son mal être...

A propos de cet ouvrage qui a été publié à titre posthume, il va m'être impossible de vous présenter un quelconque résumé. En effet, ce livre est une compilation de notes qui préparaient plusieurs projets chers à Baudelaire. Des projets malheureusement jamais menés à bien avant la mort de l'auteur. On peut découvrir "Fusées", "Mon coeur mis à nu", deux titres empruntés à Edgar Allan Poe, "Hygiène" qui est volontairement plus intimiste. On retrouve également des notes en vue d'une critique sur "Les liaisons dangereuses" (Choderlos de Laclos) et d'autres (des notes) plus éclectiques. Très intéressant également, une chronologie plutôt exhaustive de l'auteur.

Ces fragments n'ont, à mon sens, d'intérêt que s'ils sont lus, non pas d'un seul trait par petites touches. Pourquoi ? Tout d'abord parce que les phrases n'ont régulièrement aucun rapport entre elles et enfin parce que pour mieux comprendre certaines, il y'a des renvois en fin de livres qui sont inévitables si l'on veut aller plus loin dans la pensée de Baudelaire, la remettre dans son contexte... Comptez tout de même près de 100 pages de ces notes. Pour exemple, deux citations qui montrent que Baudelaire peut penser le meilleur comme le pire de ses concitoyens :

"Cet homme est si peu élégiaque, si peu éthéré, qu'il ferait horreur à un notaire"

"La maigreur est plus nue, plus indécente que la graisse"

Je trouve que ces deux phrases et l'intégralité de ce livre sont un exemple parfait de la personnalité compliquée du poète. Dualité, entre autre, qui apparaît clairement dans le Spleen et l'Idéal des Fleurs du Mal.

Ce livre a été un complément très enrichissant pour l'adoratrice que je suis de ses poèmes dans Les Fleurs du Mal. Néanmoins, l'homme peut être détestable : il ment, dépense sans compter, séduit les femmes, fait preuve de misogynie. J'ai tout de même réussi à trouver des explications à certaines réflexion mais pas des excuses. Comme je l'ai toujours pensé, aussi gâté fut-il de par sa naissance, c'est un homme qui, depuis très jeune, a toujours été malade. Il a tenté de se suicidé, souffrait de sautes d'humeur, de maladies fréquentes et variées, d'un besoin de reconnaissance de ses pairs en particulier. Qui plus est, comme Flaubert à la même époque, il a dû défendre son art devant un tribunal et n'en n'est pas ressorti indemne. La France n'aurait pu mieux le rejeter.

En conclusion, il ne fait aucun doute que tout le monde ne trouvera pas d'intérêt dans ces nombreuses pensées mais pour les plus curieux, il y'a à apprendre et à comprendre sur l'un des plus grands poètes français.

Publié dans Classique

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Vampilou 06/04/2016 17:00

Pas forcément une grande fan de littérature classique, mais j'aime énormément cet auteur !

B. 06/04/2016 20:05

Alors on est relativement pareilles ma Julia :p

Caroline 06/04/2016 11:59

Je n'ai jamais vraiment lu Baudelaire, peut-être un poème en classe mais ça s'arrête là... Je compte bien y remédier ! :) Belle chronique !


Ps: j'ai organisé un concours sur mon blog, ça pourrait peut-être t'intéresser !

B. 06/04/2016 20:06

Les Fleurs du Mal se déguste à plusieurs reprises dont tu as le temps :p
Oh merci beaucoup pour l'invitation, j'espère pouvoir commencer à rattraper mon retard de mes tours de blog samedi *-*

Unity 06/04/2016 10:35

C'est amusant de lire après coup les avis des autres lecteurs de ce livre et constater qu'au final, on pourrait difficilement dire que la lecture n'a pas été enrichissante, comme dire qu'elle nous a rendu ce 'pauvre' Baudelaire plus sympathique. : ) J'ai aimé ce côté un peu désacralisant ceci dit.

B. 06/04/2016 20:07

Eh bien oui finalement, on le porte tellement aux nues sur la Beauté qu'on a oublié tout le reste alors qu'il est humain et que c'est rassurant, ça veut dire que d'autres humains peuvent écrire de belles choses :)

Léa Touch Book 06/04/2016 10:06

Cela pourrait m'intéresser, merci beaucoup :)

B. 06/04/2016 20:08

Oh ça me fait plaisir si ça t'a intéressée, Léa :p