Anne F. de Hafid Aggoune

Publié le par B.

Anne F. de Hafid Aggoune

Editions : Plon

Pages : 145

Format : Broché

Date de sortie : 27 août 2015

Résumé : Anne Frank peut-elle réconcilier un homme désespéré avec son époque ?
Après un attentat commis par l'un de ses élèves, qui réveille les plus sombres heures de la vieille Europe, un professeur est au bord de l'effondrement.
Rongé par la culpabilité, décidé à en finir, il redécouvre un soir le Journal d'Anne Frank ; bouleversé par son actualité et sa vivacité, il se met à écrire à sa « petite soeur juive » disparue à quinze ans à Bergen-Belsen.
Entre ses lignes, la jeune fille vive et courageuse renaît, avec son désir d'écrire, sa volonté de devenir une femme indépendante et forte, et sa vision d'un monde meilleur.
A travers cette invocation qui renouvelle notre regard sur ce symbole universel d'espoir qu'incarne Anne Frank, ce roman poignant interroge notre présent, invite à la réflexion et ravive le
courage de résister.

Mon avis : J'ai eu la grande chance de lire ce livre avant qu'il ne soit sur toutes les étagères de toutes les librairies. Mais alors pourquoi n'avons-nous pas lu ta chronique avant ? A cela je réponds : parce que j'ai des secrets ! Pour tout vous dire, il a beau faire 145 pages mais je l'ai lu deux fois tellement son contenu est riche. Allez ! je vous en parle sans plus attendre !

Un attentat à Paris. Pendant un marathon. Pendant que son père courait. De cet acte de terrorisme naît chez le narrateur une culpabilité qui le pousse à remettre l’utilité de sa vie en question. Il est rongé car il pense qu’il aurait pu éviter ce drame, au moins celui-ci. Un de ses anciens élèves, B. Jahrel a commis l’irréparable au nom de sa religion. B. Jahrel est un échec cuisant dans la carrière irréprochable de cet auteur et professeur. Pendant plusieurs années, il avait pourtant aidé ce jeune homme à s’ouvrir aux autres à travers les livres, l’écriture et ça avait fonctionné. L’ouverture à la connaissance et au pouvoir des mots avaient rendu le sourire à l’adolescent mais un seul été a suffi à l’emplir de haine jusqu’à tenter de brûler en pleine classe, “Le journal d’Anne Frank”. Un auto-da-fé que son professeur n’a pu supporter. Emporté par sa propre réaction impulsive, il a même demandé son exclusion. Avec le recul, il sait l’avoir abandonné aux mains de l’irréflexion, de la solitude, il l’a rendu proie. Une proie facile, manipulable, perdue dans ces guerres millénaires entre les religions, les incompréhensions, les rejets, les discriminations.

Le narrateur, avant de mettre fin à ses jours, relit plusieurs fois ce déclencheur qui est pourtant un symbole de paix. Il relit, à l’âge adulte “Le journal d’Anne Frank” et veut, avant de s’éteindre lui écrire une lettre anonyme, d’excuses, d’admiration à celle qui a résisté. Un hommage à sa petite soeur d’écriture, de passion, d’injustice. Il retrace les uniques quinze années de la vie de la jeune allemande, jusqu’à sa mort en 1944 dans le camp de Bergen-Belsen alors que les alliés sont presque à sa porte, dans l’Annexe, à Amsterdam.

Il puise dans ce journal le courage qui lui manque, l’exemplarité qu’il voudrait acquérir et nous offre une sorte de dialogue à une voix entre une jeune figure emblématique de la haine raciale et un homme au bord du gouffre, au bout de ce qu’il peut supporter de lui-même.

Ce livre ne peut se lire sans une boule dans la gorge et parfois les larmes aux yeux. Tant par la beauté qui peut transpirer de chaque caractère, de chaque phrase que du message de paix qui est véhiculé. Un message sans concession qui appelle au combat pacifiste par la culture, l’apprentissage, l’amour de l’autre pour que ne recommence pas une guerre de propagande qui entraîne des millions de morts avec elle avec pour base une seule cause : la mégalomanie.

Il ne suffira jamais de parler de ce livre, il faut le lire pour l’éprouver, le sentir, le comprendre. Comme le narrateur, tout adulte, tout adolescent, tout enfant en âge de lire, devrait lire, relire “Le journal d’Anne Frank” pour réaliser que la fougue de la jeunesse peut être fauchée par la folie des Hommes. La vie est éphémère, injuste. Il faut s’indigner. Tous. Chacun à notre façon, avec nos armes : mots, musiques, sourires, regards, écoute. Chaque pas vers l’autre est un recul de l’indifférence, de l’individualisme, de l’extrémisme quel qu’il soit.

Publié dans Historique, Contemporain, Drame

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Caroline 09/09/2015 20:05

ça doit être spécial comme livre mais ça doit valoir le coup !

J'ai lu le Journal d'Anne Franck il y a deux ans j'ai vraiment adoré, c'est bouleversant..

B. 10/09/2015 18:17

Non pas vraiment spécial, c'est clairement poignant. C'est une introspection qui donne bien envie de lire à nouveau Le journal d'Anne Frank :p