Un hiver long et rude de Mary Lawson

Publié le par B.

Un hiver long et rude de Mary Lawson

Editions : Belfond

Pages : 417

Format : Broché

Date de sortie : 8 janvier 2015

Résumé : Canada, Ontario – Londres, 1966-1969. Rien ne va plus dans la famille Cartwright. Alors qu'Emily s'apprête à donner naissance à son huitième enfant, que Tom, le fils aîné, s'enferme dans la dépression, qu'Edward, le père, cherche dans son bureau une échappatoire au chaos ambiant, Megan, fille unique de la fratrie et mère de substitution de chacun, décide de voler enfin de ses propres ailes. A 21 ans, l'heure est venue pour la jeune fille de tenter l'aventure et de se libérer des siens.
Adieu le Grand Nord canadien, bonjour London ! Alors que Megan se cherche dans la Vieille Europe, les Cartwright, eux, tentent de survivre. Qui pour s'occuper des enfants, désormais ? Pour remplir le frigo ? Pour protéger le jeune Adam, 4 ans, et ses frères aînés de la folie douce d'Emily, uniquement tournée vers son nourrisson ? Qui pour sortir Edward de son isolement et l'obliger à prendre ses responsabilités ? Et si l'heure était venue pour Tom de prendre son rôle de frère aîné en main ? Persuadé d'être responsable du suicide de son meilleur ami, le jeune homme a abandonné ses rêves de carrière en aéronautique pour s'enterrer dans le canapé du salon.
Mais les œillères, les silences et la dépression qui engloutissent un à un les Cartwright peuvent-ils être brisés ? Et si le plus difficile, parfois, était
l'espoir ?

Mon avis : Le Canada est un aimant pour moi, souvent il me suffit de savoir que je vais voyager jusqu'à lui grâce à un livre pour me procurer ledit livre. J'avais noté celui-ci et j'ai enfin eu la chance de le lire. Mais ce roman n'est pas une ode à ce magnifique pays, il nous dévoile au contraire la rudesse hivernale et remet un peu de réalité dans nos rêves d'évasion.

Une histoire de famille canadienne nous est promise, une famille à la fin des années 60. Les Cartwright forment une bien étrange maisonnée. Megan, la fille unique d’une fratrie de huit a toujours mis sa vie en quarantaine pour aider à la bonne tenue de la maison et pour soulager sa mère qui s’affaiblit à chaque nouvelle naissance. Mary Lawson donne à dessein l’impression que nous ne sommes qu’au début du vingtième siècle et souligne ainsi la bizarrerie de cette famille. Pourtant, lorsque Megan annonce son départ pour Londres, son père l’encourage, lui paie le billet. Les Cartwright ne sont pas pauvres, ils vivent simplement et s’adaptent aux malheurs qui les ont frappés successivement et sans relâche.

Le Canada est un pays qui fait rêver beaucoup de voyageurs, réputé pour son accueil hors pair et ses paysages à couper le souffle. Le Canada est aussi le pays du froid, des hivers qui s’allongent et mordent littéralement toute forme de vie. A travers la voix d’Edward, le père et de Tom, le fils aîné, il est temps de mesurer que vivre dans ce pays c’est supporter six mois d’une neige qui brille autant qu’elle brûle, six mois avec peu de lumière solaire, six mois d’isolement dans des petites villes du nord de l’Amérique. Toutefois, de Londres où la vie est à l’opposé des grandes plaines canadiennes, Megan illustre la difficulté à s’exiler, à se faire sa place dans un pays qui n’est pas le sien et, touche d’espoir, la possibilité de s’y construire un avenir.

Pages après pages, les témoignages d’Edward, de Tom et de Megan nous attachent à cette famille à la dérive. Nous comprenons mieux ce vide que la jeune femme a laissé et l’état de délabrement du logement autant que du coeur de ses habitants. Ce départ qui a créé ou révélé une véritable faille a été salutaire pour tous. Personne ne peut se reposer uniquement sur les autres, il faut pouvoir compter sur soi. Voici le premier message douloureux parfois, que l’auteur nous envoie. Mais elle ne laisse pas le lecteur dans cette obscure sensation de noyade, elle nous convainc qu’en nous débattant, nous serons acteurs de nos vies. A travers les Cartwright, leurs ascendants, leurs descendants, nous vivons quelques hivers dans la réalité d’un pays qui connaît aussi des difficultés et dans le quotidien d’une famille, somme toute ordinaire.

Je vous le conseille si vous aimez les histoires familiales et si vous avez envie de découvrir une facette moins connue de nos cousins nord-américains !

Publié dans Drame, Historique

Commenter cet article

Stéphanie 09/08/2015 14:31

J'avais déjà vu ce livre. Merci pur cette découverte

B. 09/08/2015 21:12

Avec plaisir Stéphanie, j'espère que tu le liras :)

viou03 09/08/2015 11:21

Rien que le titre m'intrigue, je pensais que c'était un thriller , ben non. C'est tout aussi bien , j'aime beaucoup les histoires familiales , j'en lis peu en ce moment. C'est peut-être l'occasion de renouer avec le genre.

B. 09/08/2015 21:16

On pourrait penser oui, tu as raison ! J'aime bien ces histoires aussi même si celle-ci est dure ! Si tu le lis, je serai ravie de savoir ce que tu en as pensé ;)