Satan était un ange de Karine Giebel

Publié le par B.

Satan était un ange de Karine Giebel

Edition : Fleuve Noir
Pages : 336
Format : Broché


Résumé : Tu sais Paul, Satan était un ange... Et il le redeviendra. Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder. Mettre la musique à fond pour ne plus entendre. Tic tac... Bientôt, tu seras mort. Hier encore, François était quelqu'un. Un homme qu'on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd'hui, il n'est plus qu'un fugitif qui tente d'échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu'il aille. Quoi qu'il fasse. La mort est certaine. L'issue, forcément fatale. Ce n'est plus qu'une question de temps. Il vient à peine de le comprendre. Paul regarde derrière lui?; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer. L'échéance approche. Je vais mourir. Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu'ils n'ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout... Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?


Mon avis : Il est en fait un peu compliqué mon ressenti donc je vais tenter de m'expliquer. J'ai commencé par être déçue de ne pas retrouver les ambiances dont on me parlait dans Juste une ombre ou Le purgatoire des innocents. Pourtant c'est le premier livre de Karin Giebel que je lis mais...on se fait des opinions et j'en ai pris pour mon grade à bien des niveaux. Pour finir cette introduction sur une bonne note, la petite déception passée, je n'ai pu lâcher le bouquin avant de savoir ce qui allait arriver à ce duo improbable et j'ai tout simplement trouvé ce livre magnifiquement noir. Je vous propose de retenir autant l'adjectif que l'adverbe.


La quatrième de couverture évoque plus des émotions et à juste titre finalement mais j'ai envie tout de même de vous en dire un peu plus sur le fil conducteur. François Davin, avocat d'affaires fuit Lille. Tout ce que nous savons c'est que la mort l'attend au tournant et qu'il ne s'attend pas à pouvoir la semer. Les kilomètres défilent mais à la sortie de Lyon, François s'arrête pour prendre un auto-stoppeur, Paul. Il le décrit comme un vingtenaire aux cheveux longs et bruns, retenus par une sorte de catogan, une dégaine un peu instable et une histoire silencieuse. Tout devait s'arrêter à Marseille mais François ne veut pas affronter sa fin inéluctable seul et Paul est tout de même attachant, qui plus est, une mercedes encombrée de malfrats les prend en chasse et oblige Paul à lever le voile sur un passé complexe.


Dans ce roman noir, il n'y a pas vraiment d'énigme, un peu de suspense et beaucoup d'action. Il y'a surtout deux hommes unis par leur mort, leurs peurs et leur solitude qui s'accrochent l'un à l'autre comme un naufragé le ferait à une branche détrempée. Karin Giebel use de très belles expressions, de jeux de mots percutant pour décrire comment deux hommes peuvent se lier, à quel point ils peuvent nous émouvoir et comment, lorsque l'on sait la mort à proximité, certaines questions perdent tout sens. François vivait une expérience tranquille qu'il ne regrette plus de quitter pour une aventure impensable et Paul aspire à enfin connaître la paix, le repentir. Leurs valeurs divergent et François attache beaucoup d'importance à en inculquer quelques unes des siennes à Paul, de son côté le jeune homme donne une belle leçon d'amour familial.


J'ai lu des avis qui disaient préférer l'un ou l'autre de ces deux hommes et je le respecte totalement, personnellement c'est leur complémentarité qui m'a plu, leur fidélité l'un à l'autre. J'ai parfois eu la gorge serrée et pourtant rien n'est plus macabre que ce qui leur arrive mais et c'est d'autant plus fort, l'humanité et la solidarité dont ils font preuve redonnent l'espoir dans le genre humain.

Publié dans Roman Noir

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rotureau 18/12/2014 15:37

Alors celui là ne m inspirerait mais alors pas du tout...

B. 24/12/2014 06:32

Non ça n'est pas bien ton genre

Milo 14/12/2014 19:54

Je n'ai lu que Les morsures de l'ombre de cette auteure et cela avait été un coup de cœur !

B. 24/12/2014 06:31

Il est paraît-il très différent donc je pense que tu seras surprise mais il vaut vraiment le coup :)